De trop nombreux DSI dans l’incertitude face à la pénurie de compétences mainframe

La croissance exponentielle des transactions mobiles fait du mainframe un facteur clé.

En 2014, une étude de Compuwaremettait en évidence que 40% des DSI n’avaient engagé aucune action pour le remplacement des compétences Mainframe. Plus récemment, Compuware a mené une nouvelle enquêteauprès de 350 DSI, qui a permis de révéler que les DSI restaient inquiets : 70 % d’entre eux se disent en effet préoccupés par le manque de documentation sur le Mainframe et les risques que cela peut engendrer sur le transfert des compétences.Mais alors, quelles sont les actions à lancer pour faire face à la pénurie ? Le curseur a, en effet, à peine bougé mais les DSI sont encore 39 % à n’avoir encore rien mis en œuvre.

Ce ne serait pas un problème si les professionnels de l’informatique ne considéraient pas le Mainframe comme un élément clé de leur SI. Alors que, selon cette étude, c’est pourtant le cas :

· 88% des DSI estiment que leur Mainframe constitue un élément clé pour leur activité au moins pour les 10 prochaines années,

· 81% pensent que le Mainframe sera sollicité pour l’exécution de nouvelles tâches, dans le cadre du développement des architectures distribuées,

· 78 % considèrent le Mainframe comme un facteur d’innovation.

Dans le même ordre d’idées, une étude BMC datant de 2014 confirme que seulement 6 à 7% des répondants imaginent abandonner le Mainframe.

Le constat est donc clair. Autant d’ailleurs que la génération d’informaticiens Mainframe ne rajeunit pas. En 2015, selon le bureau de recensement américain, la population dite Génération Y dépassera en nombre les baby-boomers. Et les États-Unis sont loin d’être un cas isolé : le Canada, le Japon et la plupart des pays d’Europe souffrent également d’une population vieillissante. En d’autres termes, il y a, sur le terrain, un vrai fossé entre une plateforme qui continue d’exister et une nouvelle génération qui n’est pas formée à sa gestion.

LES RAISONS SONT-ELLES LES MÊMES QU’IL Y A 3 ANS ?
Pourquoi une telle carence dans le remplacement des équipes en charge du Mainframe ? En 2012, on recensait principalement 5 raisons :

1. Priorité à d’autres compétences.Les responsables de recrutement se concentrent sur des expertises liées à la virtualisation, à l’administration réseau ou encore à la sécurité.

2. Des équipes tenues pour « acquises ». Les entreprises peuvent croire qu’après tant d’années passées, leurs équipes Mainframe pourraient rester, même après 65 ans.

3. Les compétences spécifiques sous-estimées.Certains managers informatiques imaginent simplement qu’un développeur est juste un développeur. Et qu’il suffira de prendre un développeur de n’importe quelle équipe pour remplacer les développeurs Mainframe.

4. Le rôle des applications z/OS sous-estimé.L’importance du Mainframe dans de nombreux systèmes d’information encore aujourd’hui est parfois méconnue.

5. Le fléau de la « politique de l’autruche ».Tant que ça tient, certains responsables IT ou certaines entreprises « laissent courir », jusqu’au point de rupture.

Aujourd’hui, les points 2 et 4 sont plus vrais que jamais. Et l’on constate encore que beaucoup de managers IT profitent de la présence des baby-boomers tout en sous-estimant le rôle tenu par le Mainframe dans leur SI. Trop nombreux sont en effet les DSI à avoir, durant toute leur carrière, entendu que le Mainframe était en train de mourir de sa belle mort. Une vision fausse mais qui est aujourd’hui leur réalité. Ils ont donc tendance à écarter le problème voire à l’ignorer volontairement.

UNE NOUVELLE DYNAMIQUE MARCHÉ
En 3 ans, la résistance n’a donc pas baissé les armes et le comportement des managers IT face à la très prochaine pénurie des talents Mainframe n’a que très peu évolué. Pourtant le marché, lui, a bougé, notamment avec le développement exponentiel des usages mobiles. Ainsi, dans son livre blanc The Technology Economics of the Mainframe, Part 3: New Metrics and Insights for a Mobile World, le Dr Howard Rubin rappelle que si en 2004 on constatait en moyenne moins d’une transaction mobile par jour et par utilisateur, ce chiffre a dépassé les 37 en 2014. Et pourrait être multiplié par 5 pour atteindre 200 d’ici 2025. Avec 2 milliards d’utilisateurs mobiles à cette date, cela représenterait un total de 400 milliards de transactions quotidiennes.

Quel rapport avec le Mainframe ? C’est simple : la croissance exponentielle des transactionsmobiles a un impact direct sur le Mainframe et sa charge. En effet, pour permettre aux outils mobiles de répondre aux fortes attentes des utilisateurs, les applications ne ré-inventent pas la roue ! Et s’appuient évidemment sur les données existantes dans l’entreprise, présentes dans 80 % des cas sur le Mainframe. Autant dire que pour les 39 % de DSI qui n’ont pas préparé le remplacement des futurs retraités du Mainframe, l’avenir risque d’être très problématique.

IL N’EST PAS TROP TARD
Tous les experts du Mainframe ne sont pas encore partis. Autant donc en profiter pour embaucher et lancer un programme de coopération entre l’ancienne et la nouvelle génération. Les plus anciens sont généralement très loyaux et seront ravis de transmettre leur connaissance et passer le flambeau aux plus jeunes. Après tout, la plupart des développeurs n’ont pas appris l’assembleur, COBOL ou JCL au cours de leurs études mais sur le tas. Sans compter qu’il existe sur le marché des outils capables de moderniser « l’écran vert » et d’apporter de nouvelles fonctionnalités afin de faciliter la prise en main du Mainframe aux nouveaux venus.

Alors oui il n’est pas trop tard, mais il serait tout de même temps d’activer le mouvement !

lundi 25 janvier 2016
Communiqué de presse
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