L’intelligence artificielle en pleine croissance

L’Intelligence Artificielle a tout de l’enfant prodige : son potentiel est immense, son avènement déjà annoncé, et sa progression constante. Elle évolue jour après jour, et parfois se distingue par quelques coups d’éclat retentissants, tels que la victoire très médiatisée de l’ordinateur Alpha Go sur le meilleur joueur du monde du jeu de Go, le 15 mars dernier.

Parfois, les commentaires sont admiratifs, louant les progrès de la technologie à créer de toute pièce une intelligence sur carte-mère, capable de formuler des raisonnements, de faire preuve d’astuce et d’anticipation – pendant ce temps-là, mon téléphone ne comprend toujours rien à ce que je lui demande, mais c’est un autre débat. Plus souvent, les commentaires s’attardent sur le côté anxiogène d’une telle supériorité de la machine sur l’être humain. Sans doute que le cinéma hollywoodien a une grande part de responsabilité dans cette angoisse collective : de nombreux films (Matrix, TerminatorI, robot, pour ne citer qu’eux) ont déjà scénarisé l’écrasement de notre espèce par une intelligence artificielle qui considérait que nous faisions plus de dégâts qu’autre chose.

Pas de panique, cependant. Ce n’est pas encore demain que les machines décideront de notre anéantissement. L’IA ne terrasse pour l’heure l’être humain qu’à l’occasion de jeux qui répondent principalement à des raisonnements rationnels et cartésiens (le go, les échecs…). C’est une étape que Microsoft, jouant avec ferveur son rôle de pionner technologique, entend bientôt franchir.

C’est à nouveau en s’inspirant d’un cadre ludique que l’entreprise fondée par Bill Gates compte faire la démonstration de ses progrès, et en l’occurrence sur le jeu Minecraft, rachetée à son créateur Mojang en 2014 pour la bagatelle de, tenez-vous bien, 2,5 milliards de dollars. L’objectif est des plus ambitieux : « amener l’intelligence à un niveau similaire de celle de l’espèce humaine« . Au vu de la correction reçue par Lee Se-dol au jeu de go, on aurait pu croire que c’était déjà le cas, non ?

Bien entendu, il y a différentes sortes d’intelligence – le psychologue Howard Gardner en a dénombré huit, parmi lesquelles l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence visuelle spatiale ou l’intelligence kinesthésique. Ce que Microsoft souhaite faire avec Minecraft, c’est libérer l’intelligence artificielle des carcans dans lesquels elle est confinée lorsqu’elle s’adonne aux rigoristes jeux de go ou des échecs. Dans Minecraft, le joueur évolue dans un monde « bac à sable », sans véritable objectif, ni autre limite que celle de son imagination : il peut explorer des caves gorgées de monstres, bâtir des maisons, des parcs d’attraction ou des cathédrales, il peut reproduire la ville de Paris – oui, il y a des fous qui l’ont fait -, il peut faire à peu près ce qui lui chante. Une Intelligente Artificielle, lâchée dans Minecraft, n’aura donc aucun objectif précis à accomplir, elle ne poursuivra aucun but : elle devra décider d’elle-même quelle voie elle souhaite emprunter, choisir si elle sera plutôt de la race des bâtisseurs ou des destructeurs, et vaquer à ses occupations – chasser pour se nourrir, récolter des ressources pour confectionner des armes et outils, etc. L’IA devra penser, et imaginer, et prendre des décisions. Elle vivra conséquemment un début d’existence humaine – est-ce vraiment cela que Microsoft vient de nous dire ?

Dans son communiqué de presse, Microsoft précise ainsi que le défi est donc de programmer une intelligence artificielle capable d’apprendre d’elle-même plutôt que de « reproduire des tâches spécifiques« . On n’en est donc pas au Skynet de Terminator. Mais c’est vrai qu’on s’en rapproche à tout petits pas.

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