Migration Cloud : comment monitorer les bons indicateurs de performances ?

Seul un monitoring intégral des performances, en donnant une vision exhaustive des applications, de leurs dépendances et de leurs dysfonctionnements, permet d’optimiser le processus de migration, de développement et de livraison des applications dans le cloud.

Par Rafaël Portolano, Consultant expert en Performance Applicative chez Dynatrace

La transformation digitale des entreprises n’est pas seulement une mode : c’est désormais presque une obligation économique. Si elles veulent rester compétitives, sur un marché où les cycles d’innovation s’accélèrent, où les délais de mise sur le marché se réduisent et où la satisfaction des clients est reine, les entreprises doivent trouver le moyen de gagner en vélocité, en performance et en fiabilité. Ainsi, la première étape d’une transformation digitale consiste, la plupart du temps, à migrer ses applications existantes vers une plateforme cloud, pour la scalabilité, la flexibilité et l’optimisation des coûts qui la caractérisent.

Cette première étape de transition vers une infrastructure virtualisée, qu’elle soit privée ou publique, s’accompagne d’une transformation des processus de développement et de livraison des applications. Les méthodologies agiles d’intégration et de livraison continues (CI/CD) constituent ainsi des approches privilégiées, grâce à des cycles de releases plus courts et plus qualitatifs. A condition toutefois de les accompagner des procédures de tests et de monitoring adaptées, afin de garantir la qualité et la performance du code mis en production. Au risque, sinon, de saper tous les efforts déployés pour proposer des applications fiables, disponibles et performantes à ses utilisateurs.

Ces migrations peuvent également être l’occasion d’une optimisation en profondeur autour d’architectures innovantes, modulables et ultra réactives. C’est le cas des plateformes agiles basées sur des micro services, hébergées dans des containers et déployées sur l’OpenShift ou Cloud foundry. Ces nouvelles infrastructures répondent avec performance aux enjeux dictés par le digital. Néanmoins, l’une des conséquences est la complexification des schémas de dépendance et l’extension des infrastructures et du code. Sans un monitoring adapté, la maîtrise de ces chaines applicatives devient impossible.

Les défis d’une migration dans le cloud

Une migration progressive de ces applications dans le cloud, plutôt qu’un changement radical, est généralement considérée comme une approche pertinente. Mais comment savoir laquelle (ou lesquelles) migrer en priorité ? Et quelles seront les contraintes techniques qu’il faudra prendre en considération pendant la migration, pour en minimiser l’impact business et garantir la continuité de service ?

Même si les applications restent fondamentalement les mêmes, leur migration sur des serveurs virtuels posent un certain nombre de défis pour les organisations. Selon une étude menée par O’Reilly Media, en collaboration avec Dynatrace, le défi majeur en matière de migration dans le cloud, pour 59 % des entreprises interrogées, concerne l’identification de l’ensemble des applications et de leurs dépendances dans leur environnement existant. Car ce n’est qu’en cartographiant et analysant les connexions entre les applications, les services et les composants du cloud, que l’on peut élaborer une stratégie de migration efficace.

Comprendre les dépendances d’une application et la façon dont elle fonctionne fournit également un certain nombre d’informations sur ses performances potentielles dans un environnement cloud. Mais une démarche comparative demeure toutefois la meilleure stratégie pour déterminer si le niveau de service fourni par une application nouvellement migrée dans le cloud est acceptable. Ainsi, pour 37 % des entreprises interrogées, la garantie du respect des SLAs avant, pendant et après la migration, constitue également un enjeu majeur. Les niveaux de service, en termes de disponibilité, de performance et de sécurité, doivent donc pouvoir être évalués par des tests de performance, de charge et de vulnérabilité.

Le monitoring de la performance ne vise pas seulement à fournir des données sur la performance des applications migrées et de la plateforme cloud : il doit surtout permettre, par son exhaustivité, son objectivité et sa précision, d’accélérer les cycles de livraison et de garantir la satisfaction des utilisateurs, dès la première brique applicative migrée.

Un monitoring intégral, de bout-en-bout et personnalisé

Les solutions de monitoring les plus récentes sont capables de s’intégrer de manière transparente dans les approches de livraison et d’intégration continues, et de fournir des données immensément riches. Elles peuvent, par exemple, comparer la nouvelle version d’une fonctionnalité aux précédentes, afin de révéler les changements en termes de qualité et de performance, sur des exécutions de tests plus ou moins longues. Le monitoring devient ainsi le principal outil d’amélioration de la qualité, tout au long du processus de développement, en identifiant la cause exacte d’un problème, et en permettant aux développeurs d’aller jusqu’à la ligne de code qui en est à l’origine.

Il est également possible de se concentrer sur le pipeline d’intégration continue lui-même, et sur les activités inhabituelles, comme des messages d’erreurs ou des temps de compilation anormalement longs. Les développeurs peuvent alors créer leurs propres logs et indicateurs personnalisés, afin de détecter les problèmes de performance le plus tôt possible dans le processus de développement.

Un monitoring de bout-en-bout fournit par ailleurs des données précieuses pour optimiser le capacity planning : dans quels composants investir pour améliorer la performance et la disponibilité des services ? Quels composants redimensionner pour optimiser les coûts ? Etc.

Une plateforme de monitoring doit également fournir des informations sur l’infrastructure cloud elle-même. Sachant que la première question que tout utilisateur d’une plateforme cloud se pose est : a-t-on ce pour quoi on paie ? Ce qui fait notamment référence au nombre de CPU (quatre unités virtuelles n’équivalent pas forcément à quatre unités physiques), à la taille de la mémoire, aux performances du réseau, à la disponibilité, etc. Les instances cloud ont tendance à être instables et à tomber sans prévenir. Est-ce que cela conduit nécessairement à des problèmes de performance ou est-ce que cela peut être contourné à la volée en déplaçant la charge ou en lançant de nouvelles instances ? La nature éphémère des instances cloud rend le monitoring plus complexe, puisque les données doivent être cartographiées correctement à travers plusieurs instances.

Enfin, le monitoring de réseau est lui aussi essentiel, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’un réseau est, par essence, une ressource partagée, particulièrement dans les environnements cloud. Son débit et sa latence dépendent donc de nombreux facteurs externes, et évoluent sans cesse. Il est donc important d’en comprendre l’impact sur la performance des applications, sur différentes zones géographiques mais aussi localement, sur le trafic entre les différents composants de l’application.

Si les performances expérimentées par les utilisateurs rencontrent des ralentissements, cela peut être de la « faute » du cloud ou de l’application elle-même. Pour en avoir le cœur net, seule une solution de monitoring intégral de nouvelle génération permet de relier les indicateurs relatifs à l’application avec ceux relatifs à l’infrastructure et au réseau, et de déterminer avec précision l’origine d’un problème de performance.

mercredi 10 mai 2017
Communiqué de presse
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